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La sclérose latérale amyotrophique: SLA
Maladie de Charcot

Introduction :

  • Maladie dégénérative du système nerveux caractérisée par une atteinte des 2 neurones  de la voie motrice : le premier MN  pyramidal et le deuxième MN de la corne antérieure et noyaux moteurs des nerfs crâniens.
  • Cliniquement : association de signes périphériques : amyotrophie, à des signes centraux : Sd pyramidal
  • Maladie fréquente.
  • Etiologie est inconnue : il existe cependant de rares Sd de SLA secondaires à des étiologies précises à  rechercher systématiquement.
  • Maladie grave : évolution vers atteinte bulbaire : le décès après quelques mois.

I- Epidémiologie

A- Fréquence

  • SLA = maladie dégénérative du système nerveux, la plus fréquente après la maladie de Parkinson
  • Incidence : 0,5-2,5 cas/an/100 000 habitants
  • Mortalité : 1/100000hab.

B- Age

  • Adulte d'âge moyen
  • Age moyen de début : 45-60 ans.
  • 13 % commencent < 45  et  37 % > 60 ans

C- Sexe

  • Légère prédominance masculine : 1,5-2ho/1fe

II- Ana-path

Atteinte bilatérale de corne antérieure, de la voie pyramidale et  des noyaux bulbaires.

  • Atteinte des cornes antérieures de la moelle.
    • Raréfaction neuronale.
    • Observé à tous les niveaux, prédominant au renflement cervical.
  • Atteinte de la voie pyramidale
    • Démyélinisation des faisceaux de la voie pyramidale.
    • Dégénérescence axonale des fibres de voie pyramidale.
    • Lésions prédominant au niveau de la moelle et du bulbe.
  • Atteinte des nerfs crâniens.
    • Dégénérescence des noyaux moteurs des nerfs bulbo-protubérantiels
    • Lésions prédominent : XII + +, X, XI, plus rare au niveau VII, V

III- Description clinique: forme commune à début brachial

  • Schématiquement : amyotrophie + déficit moteur + fasciculation + Sd pyramidal
  • Débute par MS puis atteint du membre controlatéral des muscles  bulbaires et MI

A- Signes de début

  • Symptômes précédents de quelques mois  la fonte musculaire :
    • Crampes musculaires.
    • Fasciculation ± diffuses.
    • Fatigabilité anormale de quelques groupes musculaires
  • Amyotrophie + déficit d'emblée :
    • Au niveau de l'extrémité distale d'un MS ou des deux MS à la fois.
    • D'abord les muscles de l'éminence thénare puis ceux de l'hypothénare : le pouce est ramené au niveau du même plan que les autres doigts ==> aspect de la main plate d'Aran Duchenne ou "de singe".
    • Extension vers les interosseux, les extenseurs avec déformation de la main en griffe.
  • Amyotrophie unilatérale + + + ou bilatérale mais nettement asymétrique.

B- Phase d'état

Atteinte en quelques mois du MS controlatéral, des muscles proximaux du MI et des muscles bulbaires

1- Amyotrophie bilatérale asymétrique

  • Elle va atteindre progressivement :
    • Membres supérieurs: extenseurs puis fléchisseurs à l'avant-bras : biceps ==> triceps ==> muscles de la ceinture scapulaire (début par deltoïde)
    • Tronc: fonte des muscles pectoraux puis des muscles dorsaux avec décollement des omoplates
    • Membres inférieurs : muscles distaux des loges antérieures des jambes ==> mollets ==> cuisses

2- Le déficit moteur suit la progression de l'amyotrophie

  • Frappe d'abord le mouvement fin des doigts ==> les muscles les plus proximaux
  • Déficit bilatéral et asymétrique.

3- Fasciculations :

  • Abondante, fréquente et intense ==> observées facilement
  • Peuvent être gênantes.
  • Parfois doivent être recherchées par la percussion des muscles.
  • Siège de prédilection : interosseux, biceps, triceps, deltoïde, pectoraux, quadriceps, triceps sural
  • Tendent à diminuer ou à disparaître avec l'évolution.

4- Le Sd pyramidal : intensité variable

  • Simple conservation des ROT dans les territoires amyotrophique.
  • Exagération des ROT ± Babinski.
  • Sd tétra-pyramidal franc avec importante spasticité.

5- Le Sd bulbaire détermine le pronostic :

  • Troubles de la formation : dysarthrie paralytique, voix nasonnée et mal articulée et finalement incompréhensible.
  • Troubles de la déglutition des liquides depuis des solides ==> fausses routes, hypersalivation.
  • Atteinte linguale + + : amyotrophie + fasciculation ==> à rechercher systématiquement.
  • Paralysie des muscles de la face : auriculaire des lèvres, houpe du menton.
  • Gêne respiratoire.
  • Vivacité du réflexe masséterien et du réflexe nasopalpébrale (atteinte pyramidale)

C- Evolution progressive vers

  • Etat grabataire.
  • Anarthrie totale.
  • Troubles de déglutition majeurs.
  • Dyspnée laryngée.
  • Troubles de la ventilation pulmonaire

==> Décès par fausse route, pneumopathies déglutition, syncopes

  • Le décès : 2-3 ans en moyenne après le début des premiers signes.
  • Au total : tableau typique de la SLA dans sa forme commune comprend une tétrade caractéristique :
    • Atrophie musculaire progressive.
    • Sd pyramidal.
    • Fasciculation.
    • Crampes
  • Cette tétrade est complétée par l'absence de : + + +
    • Troubles sensitifs
    • Troubles oculomoteurs
    • Troubles sphinctériens
    • Escarres.

IV- Formes cliniques

A- Selon les modalités de début :

  • Début au niveau des membres inférieurs
  • Début par atteinte bulbaire (évolution rapide)

B- Formes symptomatiques :

1- SLA pseudo-polynévritique : forme de Patrikios

  • Débute par muscles distaux des membres inférieurs avec abolition ou diminution des réflexes achilléens.
  • Diagnostic différentiel : neuropathies
  • Evolution lente en plusieurs  années vers att. MS + Sd pyramidal franc ==> redresser diagnostic

2- Formes bulbaires :

  • Début par atteinte bulbaire.
  • Evolution rapide vers le décès en quelques mois, des fois avant même extension des signes aux membres

3- Forme pyramidale pure: "SL primitive"

  • Atteinte limitée aux faisceaux pyramidaux
  • Paraparésie spastique ou tétraparésie spastique.
  • L'atteinte du second MN peut survenir plusieurs années après

C- SLA familiale.

  • Rare famille de SLA.
  • Transmission AD.
  • Mutation du gène d'une enzyme = cu/zn  SDO (Super Oxyde Dimutase sur chr. 21)

D- SLA juvéniles :

  • Rare souvent familial AR ou AD
  • Début dans l'enfance ou pendant l'adolescence.
  • Evolution plus lente.

E- SLA ou Sd SLA secondaire

  • Néo : lymphome, gammapathie monoclonale
  • Syphilis.
  • Borréliose
  • Hyperthyroïdie.
  • Hyperparathyroïdie.

V- Examens complémentaires :

A- EMG+++ ex. capital

 Met en évidence un Sd d'Att. diffuse de la corne antérieure

  • Normalité des VCN motrices et sensitives (vitesses de conduction nerveuse)
  • Signes de dénervation active des muscles au repos.
  • Tracés neurogène à l'effort musculaire.
  • +++ le caractère diffus de cette atteinte neurogène est important à mettre en évidence, en particulier au niveau des muscles à innervation bulbaire (ex: houppe, langue)

B- Examens biologiques :

  • LCR : normal
  • Sérologie : TPHA, VDRL + + +
  • Bilan phosphocalcique.
  • Hormones thyroïdiennes.
  • Bilan inflammatoire : NFS, VS, EPP +++

VI- Diagnostic :

A- Diagnostic positif :

  • Clinique + EMG
  • Eliminer les étiologies possibles : bilan biologique

B- Diagnostic différentiel :

  • Myélopathie cervicarthrosique+++
  • Syringomyélie.
  • Malformation de la charnière cervico-occipitale : intérêt de l'imagerie.
  • Polyneuropathies (forme Patrikios ==> EMG, évolution)
  • Myasthénie (forme bulbaire **> EMG, test thérapeutique)
  • Paraparésie spastiques familial ou d'autres origines (F.pyramidales)

VII- Hypothèse pathogénique:

4 hypothèses :

A- Excitotoxicité +++

  • Excès de glutamate extracellulaire dans le SNC des patients atteints de SLA.
  • Défaut de recaptage de glutamate après son utilisation (nord transmetteurs inhibiteurs)

B- Théorie auto-immune :

  • Mais échec des TT I.S.

C- Manque en facteurs neurotrophiques.

D- Déficit en cu/zn SOD

  • Accumulation de radicaux libres ==> mort neuronale.

VIII- Traitement :

A- TT symptomatique :

  • Kinésithérapie adaptée.
  • Traitement de la spasticité : dans les formes pyramidales.
  • Crampes, si gênante : DIHYDAN*, HEXAQUINE*
  • Troubles de la déglutition :
    • Alimentation semi liquide.
    • Gastrostomie si acceptée par le patient.
  • Troubles respiratoires : ventilation assistée si le patient et sa famille la demande

B- TT étiopathogéniques :

  • TT des étiologies dans les formes secondaires.
  • Nombreux essais thérapeutiques basés sur la physiopathologie de la mort neuronale.
  • Médicaments = anti glutamate : riluzole : RILUTEC* : efficacité démontrée.
    • Prolonge la survie de quelques mois.
    • Commercialisé en France et aux USA depuis 7 ans

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