1 en ligne Accueil  
NeuroClub http://neuroclub.homeip.net
neuroclub
 

Les  Polyradiculonévrites (PRN)

Introduction :

  • Expression d'une atteinte inflammatoire démyélinisante touchant à la fois le tronc nerveux des membres et racines rachidiennes dans leur émergence de la moelle.
  • Affection évoluant par trois phases :
    • Phase d'installation.
    • Phase de plateau.
    • Phase récupération.
  • Responsable d'une atteinte bilatérale et symétrique atteignant les quatre membres mais prédominant sur les membres inférieurs.
  • On distingue deux formes :
    • PRN aigue ou Sd de Guillain Barré+++ : urgence neurologique ! la plus fréquente +++
    • PRN chronique et subaiguë sont beaucoup moins fréquentes.

 

PRN aigue ou Sd de Guillain Barré

 

I- Introduction

  • SGB = polyradiculopathie inflammatoire aigue avec démyélinisation segmentaire multifocale d'origine auto-immune.
  • SGB = urgence médicale + + + peut entraîner le décès par atteinte respiratoire et troubles végétatifs.
    ==> Nécessite fréquemment une PEC en soins intensifs

II- Epidémiologie :

  • Incidence : 1cas/100 000 habitants/an avec deux pics de fréquence en automne et en été.
  • Tous les âge : exceptionnel avant 5 ans.
  • Facteurs déclenchants (2 semaines à un mois avant le début)
    • Vaccination.
    • Infections :(plusieurs virus incriminés) :
      • Infections ORL, respiratoires, digestives
      • Sd grippal + + +
    • Intervention chirurgicale

III- Physiopathologie :

A- Aspects histo-pathologiques :

  • Réaction inflammatoire faite de cellules mononuclées périvasculaires dans le tissu interstitiel du nerf périphérique.
  • Lésions prédominent : racines antérieures, des plexus, et partie proximale des nerfs crâniens les plus bas
  • Des lésions de démyélinisation segmentaire sont observées.

B- Mécanismes pathogéniques

  • Maladie auto-immune : les lésions de démyélinisation sont secondaires au passage dans les espaces endoneuraux d'Ac dirigés contre certains antigènes de la myéline.
  • Mécanisme de réaction immunologique croisée (similitudes antigéniques entre le virus responsable et certains constituants de la myéline périphérique)

C- Mécanisme lésionnel responsables des signes neurologiques :

  • Lésions de démyélinisation : ralentissement de la conduction nerveuse (récupération rapide)
  • Dégénérescence axonale : dénervation musculaire (amyotrophique, récupération lente)

IV- Description clinique :

Schématiquement :

  • Tétraplégie ascendante aiguë en quelque jour.
  • Abolition des ROT
  • Atteinte bulbaire possible (respiratoire et du carrefour aero-digestif)
  • Evolution en trois phases:
    • Phase d'extension des paralysies, phase de plateau, phase récupération.

A- Phase d'extension des paralysies :

Durée inférieure ou égale à quatre semaines + + +
Peut durer quelques heures à trois semaines.

1- Les signes de début : sont variés :

  • Troubles sensitifs fréquents :
    • Paresthésies : fourmillements, picotements des extrémités
    • Douleur : myalgies, dorsalgies, lombalgies, radiculalgies.
  • Déficit moteur : + + +
    • Peut apparaître d'emblée, débute souvent par les MI
  • Atteinte des nerfs crâniens : rarement inaugural.

2- Extension des paralysies

  • Au niveau des membres : paralysie ascendante de topographie bilatérale et symétrique.
  • Atteinte des muscles du tronc et des muscles à innervation bulbaire : difficultés respiratoires

==> Nécessite à cette phase d'une surveillance rapprochée, recours à la ventilation assistée est possible.

    = Phase où le risque de décès est le plus élevé ! ! !

B-                     Phase de plateau :

= Où le déficit neurologique a atteint son maximum et n'évolue plus

1-  Déficit moteur + + + : intensité variable :

  • Tétraplégie flasque + + +
  • Tétraparésie : prédominant sur des muscles proximaux et sur les MI.
  • Rarement déficit distal des quatre membres ou limité aux MI.

2-  Les ROT

  • Abolis aux quatre membres + + +
  • Rarement : abolis aux  MI  et diminués ou présents MS

3-  Amyotrophie des muscles paralysés :

  • Son apparition dépend de la durée de la phase d'état et du degré de dénervation musculaire.
  • Absente dans les formes à récupération rapide.
  • Très prononcée dans les formes prolongées.

4-  L'atteinte des nerfs crâniens + + + : fréquente

  • Paralysie faciale (50 %) + + + souvent bilatérale et asymétrique.
  • Atteinte des nerfs mixtes (bulbaires) + + + :
    • Troubles de déglutition
    • Voix nasonnée
    • Troubles respiratoires

 ==> Font la gravité du SGB

  • Autres atteintes moins fréquentes :
    • Nerfs oculomoteurs
    • Trijumeau : paresthésie faciale
    • VII : atteinte très rare.
    • Nerf optique : oedème papillaire au FO : très rare.

5-  Le déficit sensitif :

  • Altération de la sensibilité proprioceptive dont la moitié des cas.
  • Déficit distal de la sensibilité tactile et algique dans 1/3 des cas.

6-  Atteinte du système nerveux végétatif : +++ assez fréquente

  • Tachycardie.
  • Hypotension orthostatique.
  • Hypertension permanente ou paroxystique.
  • Troubles du rythme cardiaque.
  • Troubles vasomoteurs des extrémités.
  • Anomalie de la sudation.
  • Constipation.
  • Rétention urinaire.

==> Ces troubles peuvent être précoces

       Peuvent être responsables du décès ! ! !

       Doivent être recherché systématiquement

C-                     Phase récupération :

  • Après une phase de plateau de durée variable : quelques heures à plusieurs mois
  • La récupération des déficits se fait généralement dans le sens inverse de leur installation (bulbaire, MS, MI)
  • Sa durée est variable de quelques semaines à 18 mois

D-                     Complications :

  • Peuvent survenir à toutes les phases.
  • Peuvent entraîner le décès.
  • Leur TT est préventif.

1-  Phase d'extension de paralysie :

  • Troubles respiratoires.
  • Troubles de la déglutition avec fausses routes.
  • Troubles végétatifs

2-  Phase de plateau :

  • Infections intercurrentes + + + surtout PNP
  • Troubles végétatifs.
  • Complications du décubitus :
    • Infections urinaires
    • Escarres.
    • Phlébite.
    • Embolie pulmonaire

3-  Phase de récupération :

  • Complications du décubitus.
  • Rétraction tendineuse (amyotrophie)

V-         Diagnostic :

A-                     Diagnostic positif :

1-                         Clinique : + + +

  • Tétraplégie rapide ascendante + aréflexie ± atteinte des nerfs crâniens, atteinte bilatérale et symétrique.
  • Phase d'installation < ou = à 4 sem.

2-                         Examens paracliniques :

  • LCR : dissociation albumino-cytologique + + +
    • Cellules:normal
    • Hyperprotéinorachie + + + :
      • Apparaît 3 à 10 jours après le début
      • 1g/l
  • EMG:+++
    • Ralentissement de la conduction nerveuse + + +®aspect d'une atteinte démyélinisante des nerfs périphériques.
    • Peut montrer des signes de dégénérescence axonale.
  • Autres examens complémentaires :
    • Sérologie : VIH + + +
    • ECG
    • Radio poumon
    • Examens biologiques sanguins
    • ECBU

B-                     Diagnostic différentiel :

  • Myélite aiguë transverse ascendante (signes centraux, troubles sphinctériens, niveau sensitif)
  • Myélopathies aiguë : ischémique (vascularites, MAV médullaire)
  • Poliomyélite antérieure aiguë : formes motrices pures (atteinte asymétrique, devenue exceptionnelle)
  • Crise myasthénique

VI-    Formes cliniques :

A.                      Formes symptomatiques : rares (<5 %)

  • Formes motrices pures
  • Formes sensitives pures
  • Sd de MILLER-FISCHER:
    • Triade = ophtalmoplégie, ataxie, aréflexie.
  • Formes axonales de SGB
    • Forme grave avec amyotrophie rapide et imp. tr. végétatifs
    • Phase de plateau prolongée, séquelles importantes
    • Association fréquente à une infection par compylobacter jejuni
    • Signes de dégénérescence axonale a l'EMG

B.                      Selon l'âge :

  • Forme de l'enfant = semblable à la forme de l'adulte
  • SGB = cause la plus fréquente de neuropathie périphérique chez l'enfant.

C.                      Formes étiologiques :

  • PRN aiguë inflammatoire idiopathique (SGB)
    • La plus fréquente + + +.
    • Mécanisme de réaction auto-immune croisée.
  • PRN aiguës secondaires :
    • Infections à VIH : séroconversion, au stade de séropositivité + + + ÞSérologie systématique.
    • Autres étiologies :
      • Maladie de Hodgkin
      • Maladie lupique.
      • Paranéoplasique.

VII-          Evolution – pronostic :

A-                     Evolution habituelle :

  • 3 phases.
  • Récupération variable en quelques semaines à plusieurs mois.
  • Guérison totale souvent.
  • Séquelles dans 7 à 22 % des cas (souvent steppage)
  • Décès dans 2 à 7 % des cas.
  • Rarement des rechutes sont possibles (<5 %)

B-                     Facteurs pronostic :

  • Durée de la phase de plateau.
  • Amyotrophie précoce.
  • Diminution de l'amplitude des potentiels d'action musculaire  à l'EMG (reflète le degré de perte axonale)
  • Signes importants de dénervation musculaire à l'EMG.

VIII-     Traitement :

Comporte deux aspects :

  • TT symptomatique.
  • Immuno TT

A-TT symptomatique :

  • Prévention et TT des complications éventuelles.
  • MEP d'une sonde gastrique pour alimentation si troubles déglutition.
  • Prévention des escarres : mobilisation, matelas à eau.
  • Prévention des phlébites : héparinothérapie
  • Troubles sphinctériens.
  • TT symptomatique des douleurs.
  • Kinésithérapie précoce régulière et systématique tant qu'existe le  déficit moteur, parfois transfert en service de rééducation fonctionnelle.

B-                      Immunothérapie :

Vise à retirer de la circulation sanguine les Ac responsables de la démyélinisation périphérique

1-                         Echanges plasmatiques (plasmaphérèses)

  • Efficacité démontrée.
  • Doivent être réalisés au début pendant la phase d'installation de préférence au cours des cinq premiers jours.
  • Risque inf. réduit par l’utilisation de l’albumine.
  • Indiquée ds les formes graves

2-                         Immunoglobulines intraveineuses

  • Efficacité comparable à la plasmaphérèse
  • TT très coûteux.

N.B : la corticoTT n’a aucune efficacité.

  

Les PRN inflammatoires chroniques

 

  • PRNc = Polyneuropathies démyélinisante inflammatoire chronique.
  • Phase d'installation du déficit > 8 semaines+++

Formes étiologiques :

  • PRNc idiopathique d'origine auto-immune mais d’étiologie  inconnue : la plus fréquente + + +
  • PRNc ou subaiguës secondaires.
    • Evolution souvent fluctuante : aggravation espacée de phase  d’amélioration
    • On distingue les PRNc progressives et les PRNc à rechutes.
    • Clinique:
      • Déficit moteur ascendant prédominant au MI avec abolition des ROT.
      • Accompagné parfois de troubles sensitifs et d'amyotrophie prédominant en distal.
      • LCR : hyperprotéinorachie + + + (critères diagnostic)
      • EMG : + + + indispensable au diagnostic
      • Signe de démyélinisation aux quatres membres = ralentissement marqué de la conduction nerveuse.
      • Critères électriques précis pour retenir le diagnostic.
  • Les formes secondaires justifient le bilan  à faire devant toute PRNc.

Étiologies :

-         Maladie de système : lupus, BBS, Sd de Gougerot Sjogren

-         Paranéoplasique.

-         Lymphomes.

-         Myélomes

-         Gammapathie à IgM ++ ou IgG+++

Traitement :

-         Corticoïdes+++

-         Ig IV.

-         Immunosuppresseurs.

 

Eléments distinctifs entre SGB et PRNc

 

SGB

PRNc

- événements précédant le début des symptômes

              fréquents

             rares

-intervalle entre le début et le déficit maximal

                4 sem.

> 2 mois (6mois à qq années)

-rechutes

           exceptionnelles

           habituelles

-tr. Resp.

                   Freq.

               rares

-att. Nerfs crâniens

                    ’’

                   ’’

-tr. végétatifs

                    ’’

                   ’’

-hyperprotéinorachie

                   80%

                    95%

-anomalies électrophysiologiques précoces

 

      Blocs de conduction  précoces 

 

          Ralentissement marqué de la conduction nerveuse

-sensibilité aux corticoïdes

              NON

              OUI


Accueil > Pathologie neurologique > Polyradiculonévrites (PRN)
  Nombre de visiteurs : 
Pour toute information ou suggestion : Contactez le webmaster